⁢b. Elena Lasida : le don fondateur du lien social

A la suite du pape Benoît XVI qui, dans l’encyclique Caritas in veritate, appelle de ses vœux « des formes d’activité économique caractérisées par une part de gratuité et de communion »[1], Elena Lasida a développé cette idée apparemment surprenante que même « dans les relations marchandes le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale » et « pas seulement en dehors d’elle ou « après » elle »[2]. Elle apporte en soutien de cette thèse les travaux de trois auteurs: Jacques Godbout⁠[3], Karl Polanyi⁠[4] et André Orléan⁠[5] qui montrent chacun à sa manière qu’il n’y a pas nécessairement opposition entre la logique du don et celle du marché mais qu’il peut y avoir des « passerelles » entre les deux comme c’est le cas dans l’économie sociale et solidaire ou dans le commerce de proximité où, à travers la circulation des biens, des relations, des liens se créent. « C’est « la relation » mise au centre de chacune de ces notions et pratiques, qui permet de relier don et marché et d’attribuer à ce dernier une fonction de médiateur social. » Le don peut apparaître comme « une forme de relation particulière qui, à travers […] la logique marchande […] dépasse le seul transfert unilatéral ou interindividuel pour devenir un vecteur à travers lequel se construit le lien social. »[6]

Cette vision peut paraître au moins déroutante mais nous savons tous que « Le modèle capitalise actuel, fondé sur la financiarisation généralisée, est aujourd’hui mis en cause. le désir exacerbé de consommation, la désindustrialisation de larges espaces, l’accentuation des dégradations environnementales et l’inégalité croissante dans la répartition sont autant de signes de cette remise en cause radicale du système. »[7]. On pense que l’économie est « le règne du prévisible et du maîtrisable » et que son objectif est « l’équilibre »[8] , mais il faut bien constater que la frustration, l’insatisfaction, le déséquilibre s’installent et qu’un immense malaise s’est emparé de la société. « Dans notre monde obsédé par le « risque zéro » et la sécurité totale, on cherche toujours à combler les manques, comme si la complétude était l’état idéal. » Mais « on oublie ainsi que c’est le manque qui met en route et que c’est la soif plutôt que la satisfaction qui est signe de vie. »[9] Que manque-t-il ? De quoi a-t-on soif ? La réponse d’Elena Lasida est simple : nous avons soif de l’autre. En tout cas, d’autre chose que le périssable, d’autre chose que de richesses matérielles.

Face à l’individualisme qui pense l’autonomie comme indépendance, elle invite à passer à l’autonomie comme interdépendance où « notre expérience du collectif » prend une autre dimension : « Quand c’est la seule autonomie individuelle qui est valorisée, le collectif est perçu soit de manière instrumentale au service de l’individu (à plusieurs on est plus fort), soit de manière sacrificielle (on se sacrifie pour les autres). Or on découvre aujourd’hui que le collectif n’est ni la somme des individus, ni une contrainte à l’autonomie individuelle, mais une manière de se construire comme individu. […] La relation n’est plus perçue comme « contrat » entre deux individus indépendants mais comme « alliance ». Dans le contrat, on échange des biens et des services équivalents. Dans l’alliance, on fait projet ensemble. Si le contrat est motivé par la méfiance à l’égard de l’autre et soumis toujours à des conditions, l’alliance est fondée sur la confiance réciproque et inconditionnelle »[10] L’alliance débouche sur une communion. C’est la « dialectique conjugale » où chacun reconnaît sa fragilité, son incomplétude, reconnaît qu’il a besoin de l’autre pour grandir. Une autre société peut naître. Celle à laquelle nous sommes habitués exalte, la force, la performance, la rapidité, l’efficacité, la quantité. Son économie se construit sur l’intérêt individuel, le calcul et la méfiance et donc essentiellement grâce au contrat. Peut naître une autre société fondée sur l’alliance, qui se construit avec humilité, patience, reconnaissance et confiance dans la recherche d’un lien de qualité, de l’intérêt social.⁠[11] Nos contemporains pensent que la « vie bonne » est une vie qui apporte la prospérité matérielle, garantit l’autonomie individuelle et un avenir sûr, mais qu’en est-il de la relation ?

L’économie peut être un lieu d’alliance comme le montre Elena Lasida à travers diverses expériences, un « lieu de rencontre […] où se construit la société […] un facteur de médiation sociale […] une source de richesse relationnelle ».⁠[12] Fondamentalement, l’économie « n’a pas pour but la satisfaction des besoins, mais le développement de la capacité créatrice de l’humain ».⁠[13] Car " c’est bien la création, et non la fabrication, qui en économie fait place à la relation. »[14] En économie, les deux questions essentielles qu’il faut se poser sont : quelle est la finalité des ressources utilisées et des biens produits et de quelle manière va-t-on les utiliser ? En effet, la qualité de vie n’est pas définie « uniquement par le degré de satisfaction [des] besoins ». L’essentiel: c’est d’être créateur et donc quand on veut rendre le développement durable, il s’agit « d’assurer à chaque personne, présente ou future, non pas les biens nécessaires pour vivre, mais plutôt la possibilité de participer à leur création. »[15]

C’est le souci de ce qu’on appelle l’économie solidaire qui rassemble « des pratiques très différentes comme le commerce équitable, la finance éthique, le microcrédit, le tourisme solidaire, l’agriculture durable, les réseaux d’échange de savoirs, les services de proximité, les régies de quartier, les différentes formes entrepreneuriales collectives. » Cette économie sert d’abord « à tisser des liens avant même de satisfaire des besoins. »⁠[16] En elle, « la sympathie l’emporte sur l’envie ».[17] La solitude, l’incomplétude, la fragilité poussent à chercher la sympathie de l’autre, sa complétude et rendent possible une véritable communion où chacun devient coresponsable. La communion n’est pas un simple rassemblement en vue d’un partage, d’une redistribution ou d’un transfert gratuit et désintéressé mais une relation qui engendre un sentiment d’appartenance, une identité sociale. C’est le lieu du don et de la réciprocité, de l’interdépendance et non de l’autosuffisance.

Le souci de la relation tel que décrit doit renouveler notre regard sur la pauvreté ou plutôt sur les pauvres et aussi sur la solidarité. Habituellement, la solidarité s’entend comme une lutte contre la pauvreté, comme le moyen de combattre un manque, les conséquences d’une situation. On compte sur la justice distributive pour raboter les inégalités, rendre accessibles à tous les biens nécessaires, combler les besoins fondamentaux. Mais l’on peut concevoir une solidarité où le pauvre n’est pas considéré comme victime mais comme acteur qui peut mettre quelque richesse au service d’un projet commun. Au-delà de la justice distributive, Elena Lasida veut mobiliser une justice « contributive » qui rende possible la participation à une œuvre collective. Il s’agit de solliciter la « capacité créatrice » du pauvre, qui le définit plus essentiellement que son indigence.⁠[18] De même au niveau international, le développement n’est pas d’abord et simplement un problème que la technologie et l’imitation des pays riches peuvent résoudre, ce n’est pas non plus par « une économie parallèle ou palliative » qu’on viendra à bout des inégalités scandaleuses mais, une fois encore, par la sollicitation des compétences des intéressés, par le souci d’une justice contributive : « Les pays pauvres ne sont-ils pas, eux aussi, porteurs de ressources pour penser de nouveaux modes de développement ? »[19] Il faut privilégier l’échange plutôt que le transfert pour que chacun soit reconnu comme créateur. L’économie solidaire n’est pas « réparatrice mais génératrice »[20], elle fait apparaître le meilleur de chacun et lui permet de croître.

Le souci de la relation qui s’exprime dans l’économie solidaire renouvelle aussi notre conception de l’identité. Suite aux mouvements migratoires, à la mondialisation, on assiste à des replis identitaires stimulés par diverses formes de populismes plus ou moins xénophobes or, quand on réfléchit bien, notre identité n’est pas affirmée une fois pour toutes et elle se nourrit de la rencontre de l’autre. Elena Lasida rejoint à cet endroit les analyses de plusieurs auteurs⁠[21] : identité et altérité sont complémentaires et même davantage dans la mesure où l’altérité nous constitue.⁠[22] « L’identité est toujours une histoire de rencontre, écrit Elena Lasida. Rencontre du même et de l’autre. rencontre du similaire et du différent. »[23] Et donc, dans la mesure où l’économie « crée du lien et de l’appartenance », dans la mesure où elle est « fondée sur la reconnaissance des personnes plutôt que sur l’équivalence des biens », dans la mesure où elle « sollicite la créativité et l’originalité de chacun », elle « peut alors devenir un terreau où se construit l’identité de chacun. »[24]

Le résultat de cette démarche dépasse le « matériel » : « du moment que l’on considère l’individu construisant son identité et celle de sa communauté d’appartenance à travers les chois économiques, l’économie n’est plus un simple moyen pour accéder aux biens, mais elle devient un vecteur porteur de sens. »[25] Ce n’est pas un modèle à reproduire parce qu’il serait bon pour tous qui se crée ainsi mais un style de vie⁠[26] dont « le sens n’est pas préétabli mais à définir ensemble », toujours indéterminé donc. »⁠[27] Un style de vie car l’activité économique et la travail ne seront pas évalués « seulement en termes de productivité et de rentabilité financière » puisqu’on y fera « place au temps « improductif » de la convivialité, à la reconnaissance de l’apport de chacun autrement qu’à travers le seul salaire payé, au temps « perdu » pour prendre soin des collègues au travail ».⁠[28]

Tout est une question de finalité. La production des biens est-elle un moyen indispensable ou la finalité de l’activité économique ? La position de l’auteur est claire : « L’économie est associée à la vie et notamment aux conditions matérielles qui la rendent possible. Or une vie réduite aux conditions exclusivement matérielles est une vie morte. la dimension matérielle de la vie est une condition mais pas une finalité. L’économie […] est à la fois essentielle et secondaire. Elle doit assurer des conditions vitales et elle doit aider à s’en détacher. Elle doit à la fois sécuriser et libérer. »[29] L’économie qui se donne comme fin ultime la condition matérielle de la vie devient une idole que certains adoreront, que d’autres diaboliseront. Certaines entreprises ont bien compris cela. Elena Lasida cite deux bons exemples révélés par leur publicité. Tout d’abord : « La Nef : pour que l’argent relie les hommes ». Cet organisme qui s’occupe de micro-finance ne met pas en avant le taux d’intérêt pratiqué mais le bénéfice social. Ensuite « Terre de liens : une richesse à cultiver ». Cette association, grâce à l’épargne solidaire, achète des terres qui seront exploitées par des producteurs qui n’ont pas les moyens de les acheter. Priorité est donnée à l’utilisation plutôt qu’à la propriété, à la relation plutôt qu’à la valeur monétaire.⁠[30]

Est-il fou le rêve « d’une économie au service du savoir-vivre plutôt que du savoir-faire, du bien-être ensemble plutôt que de la prospérité partagée » ?⁠[31] Ou plus simplement d’une économie où le profit n’est pas la finalité ultime.

Elena Lasida évoque trois voies existantes.

Celle de l’économie sociale qui, selon l’auteur, se caractérise par quatre principes majeurs : la priorité accordée au service rendu plutôt qu’au profit, l’autonomie par rapport à l’État, la gestion démocratique et la priorité accordée au réinvestissement des bénéfices plutôt qu’à leur répartition entre les membres.⁠[32]

Celle du social business tel qu’il a été présenté par Muhammad Yunus⁠[33] pionnier du microcrédit. De nouveau, dans l’entreprise proposée, « c’est sa contribution sociétale qui prime sur sa rentabilité financière ».⁠[34]

Celle de l’« économie de fonctionnalité » « où l’utilisation l’emporte sur la propriété, où la relation l’emporte sur la quantité, la confiance sur la méfiance. »[35]

On peut penser que ces voies sont marginales mais il faut se rendre compte que de plus en plus de gens et non des moindres se demandent si le profit est bien le but premier de l’économie, si la richesse matérielle est le seul critère du bien-être cherché à travers la production et la consommation. Justement, il s’agit de bien-être, d’être bien et l’on commence à se rendre compte que le bonheur d’un pays ne peut se mesurer à l’aune de son PIB. En 2008, a été créée la Commission Stiglitz qui rassemble, entre autres, pas moins de cinq prix Nobel d’économie⁠[36] et dont le nom officiel dit bien son objet : « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social ». Il s’agit d’une « remise en cause du PIB en tant qu’indicateur de performance et de progrès ». la Commission se donnait pour but de développer une « réflexion sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives » en recherchant d’autres indicateurs de richesse comme le ressenti des gens, la consommation, la répartition des revenus et du patrimoine, et leurs inégalités, la qualité du logement, le « capital humain », les atteintes à l’environnement.⁠[37] La pensée et l’expérience d’Elena Lasida rejoignent ce que le pape Benoît XVI écrivait dans Caritas in veritate : « Si hier on pouvait penser qu’il fallait d’abord rechercher la justice et que la gratuité devait intervenir ensuite comme un complément, aujourd’hui, il faut dire que sans la gratuité on ne parvient même pas à réaliser la justice. Il faut, par conséquent, un marché sur lequel des entreprises qui poursuivent des buts institutionnels différents puissent agir librement, dans des conditions équitables. » Et le pape, d’emblée, répond à l’objection qui consisterait à dire qu’il est impossible que tous les secteurs économiques passent tout à coup en mode « social et solidaire », que toutes les entreprises s’ouvrent à la gratuité et à la communion. Il précise en effet que « A côté de l’entreprise privée tournée vers le profit, et des divers types d’entreprises publiques, il est opportun que les organisations productrices qui poursuivent des buts mutualistes et sociaux puissent s’implanter et se développer. » Cette diversité serait bénéfique à la longue car « C’est de leur confrontation réciproque sur le marché que l’on peut espérer une sorte d’hybridation des comportements d’entreprise et donc une attention vigilante à la civilisation de l’économie.[38] La charité dans la vérité, dans ce cas, signifie qu’il faut donner forme et organisation aux activités économiques qui, sans nier le profit, entendent aller au-delà de la logique de l’échange des équivalents et du profit comme but en soi. »⁠[39]

Le goût de l’autre se forme, doit se former, dans la famille et dans tous les cercles sociaux plus ou moins étroits, plus ou moins larges dans lesquels nous évoluons. Dans nos lieux de travail comme dans la société politique. Progressivement. Se mettre en chemin, en tout cas.


1. CV 39.
2. CV 36.
3. Ce qui circule entre nous, Donner recevoir, rendre, Seuil, 2017. J. T. Godbout est un sociologue canadien, né en 1939, ancien professeur à l’université du Québec.
4. POLANYI K., L’économie en tant que procès institutionnalisé, in Economies primitives, archaïques et modernes, Essais de Karl Polanyi, Seuil, 2007. K. Polanyi (1886-1964) est un économiste hongrois. Il enseigna notamment à l’université Columbia (USA).
5. ORLEAN A., L’empire de la valeur, Refonder l’économie, Seuil, 2011. A. Orléan est un économiste français, né en 1950, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris).
6. LASIDA Elena, Le don fondateur du lien social, le cas de l’économie de marché, op. cit., p. 35.
7. LASIDA Elena, Le goût de l’autre, La crise, une chance pour réinventer le lien, op.cit., p. 311.
8. Id., p. 305.
9. Id., p. 301
10. LASIDA Elena, Il faut prendre l’incertitude comme une promesse, op. cit.
11. Le goût de l’autre, op. cit., p. 132.
12. Le goût de l’autre, op. cit., p. 11. L’auteur fait remarquer qu’Adam Smith lui-même, « souvent considéré comme le père du libéralisme économique », estimait « que l’économie est enracinée dans le social, qu’elle ne peut pas être comprise en dehors des logiques qui la constituent, et qu’elle met surtout en scène toute la contradiction de l’être humain qui, devant autrui, se situe à la fois comme modèle et comme rival. l’acteur économique est par excellence un « passeur », un homme en relation, toujours en proie à deux sentiments contraires : la sympathie et l’envie. » (Le goût de l’autre, op. cit., pp. 78 et 90-91).E. Lasida renvoie à ces deux livres de Smith A. : Théorie des sentiments moraux (1759) et Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).
13. Le goût de l’autre, op. cit., p. 35.
14. Id., p. 50.
15. Id., pp. 58-60.
16. Id., pp. 92-93.
17. Id., p. 98.
18. Id., pp. 169-183.
19. Id., p. 186.
20. Id., p. 197.
21. Par exemple, SARTHOU-LAJUS Nathalie, Le souci contemporain de l’identité, in Etudes, 2010/2, tome 412, pp. 149-152 ; GADDAD Merzi, L’islam est-il au cœur de la crise identitaire européenne ? in L’identité de l’Europe (sous la direction de DELSOL Chantal et MATTEI Jean-François, PUF, 2010, pp.93-121.
22. L’évangile lui-même nous révèle « que la rencontre avec l’étranger est ce qui nous révèle le plus profond de ce qui nous constitue. […​] C’est l’ouverture qui ramène au plus profond de soi-même. » (Le goût de l’autre, op. cit., pp. 224-225).
23. Id., p. 203.
24. Id., p. 207.
25. Id., pp. 212-213.
26. A ne pas confondre avec un « mode de vie » qui, selon l’auteur « fait surtout référence aux pratiques quotidiennes: éviter le gâchis d’énergie en termes de chauffage ou d’éclairage, contrôler l’utilisation de l’eau, préférer les transports en commun et économe en énergie, acheter des produits peu polluants et durables, etc.. » (Id., p. 214).
27. Id., p.218.
28. Id., pp. 222-223.
29. Id., p. 241.
30. Id., pp. 248-251.
31. Id., p. 276.
32. Id., pp. 280-281. E. Lasida renvoie à la Charte de l’économie sociale publiée en France en 1980 par le Comité national de liaison des activités mutualistes, coopératives et associatives (CNLAMCA). On peut aussi consulter la Charte de l’Economie sociale publiée en 1995 par le CEGES : Conseil des entreprises et groupement de l’économie sociale. Les quatre principes cités se retrouvent dans la définition donnée à l’économie sociale sur le site Belgium.be, sous le titre Economie sociale : « L’économie sociale est une alternative à l’économie classique. cette forme d’économie n’est pas exclusivement basée sur une logique de profit mais repose sur divers principes parmi lesquels figurent : -l’autonomie de gestion par rapport aux pouvoirs publics ;- la primauté des personnes et du travail sur le capital lors de la redistribution des bénéfices ;- la finalité de service aux membres et à la collectivité plutôt que le profit ; -un processus de décision démocratique. ». Pour la Belgique, on peut lire aussi DEFOURNY Jacques, Le secteur de l’économie sociale en Belgique, Université de Liège, janvier 1992 ; Réconcilier l’économie et la société, vers une économie plurielle, OCDE, Paris 1996. L’économie sociale a également, en Belgique, un site : www.econosoc.be. Le 16 juin 2016, La Libre Belgique publiait un article intitulé : « L’économie sociale cartonne mais reste méconnue des Belges » : le nombre d’entreprises sociales augmente de même le nombre d’emplois en leur sein.
33. Cf. YUNUS Muhammad, Vers un nouveau capitalisme, J.-C. Lattès, 2006. L’auteur a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2006.
34. LASIDA E., Le goût de l’autre, op. cit., p. 282.
35. Id., p. 285. E. Lasida cite l’exemple des vélos publics. Chaque vélo a plusieurs utilisateurs : « Le nombre de vélos produits est alors réduit mais, en contrepartie, les services de maintenance des vélos et d’organisation logistique de leur utilisation sont largement développés. Moins de production matérielle mais plus de service. »
36. Joseph Stilgitz (Université de Columbia), Amartya Sen (Université de Harvard), James Heckman (Université de Chicago), Daniel Kahneman (Université de Princeton) et Kenneth Arrow (Université de Stanford). Il faut aussi signaler l’existence du Fair ou Forum pour d’autres indicateurs de richesse qui s’est constitué en 2008 à partir de la société civile et qui tout en reconnaissant certaines avancées du rapport de la Commission Stilglitz en souligne les insuffisances.
37. Cf. Au-delà du PIB: un sujet qui mérite débat in Le Soir, 24 juin 2009.
38. LASIDA E. écrit : « la réforme ne vise pas à remplacer un modèle d’entreprise par un autre mais à légitimer la place de différents modèles d’entreprise qui peuvent communiquer et s’influencer réciproquement. L’économie solidaire n’apparaît pas comme un « modèle alternatif » mais comme une alternative qui peut faire évoluer le modèle dominant » (Op. cit., p. 310).
39. CV, n° 39.
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