⁢c. Le droit du travailleur migrant

[1].

L’homme a le droit de quitter son pays d’origine comme d’y retourner. Cette émigration est sans doute, sous certains aspects, un mal mais un mal parfois nécessaire. Il ne faut pas qu’à ce mal matériel s’ajoute un mal moral ni que le travailleur émigré soit désavantagé pour des raisons de nationalité, race ou religion.

Certes, il appartient aux pouvoirs publics, qui ont la charge du bien commun, de déterminer la proportion de réfugiés ou d’immigrés que leur pays peut accueillir, compte tenu de ses possibilités d’emploi, de ses perspectives de développement, des équilibres sociaux et culturels, mais aussi de l’urgence du besoin des autres peuples.

Mais, une fois qu’une personne étrangère a été admise et se soumet aux règlements de l’ordre public, elle a droit à la protection de la loi pour toute la durée de son insertion sociale. De même, la législation du travail ne doit pas permettre que, pour une prestation égale de travail, des étrangers, ayant trouvé un emploi dans un pays sans en être les citoyens, subissent une discrimination par rapport aux travailleurs autochtones en ce qui concerne le salaire, les prestations sociales et les assurances vieillesse.

C’est justement dans les relations de travail que devraient naître une meilleure connaissance et une acceptation mutuelle entre personnes d’origine ethnique et culturelle différente, et se souder une solidarité humaine apte à surmonter les préjugés.⁠[2]


1. Le synode de 1987 sur la mission et la vocation des laïcs dans l’Église a lancé aussi l’idée d’un « principe de réciprocité », notamment entre pays chrétiens et pays musulmans, en ce qui concerne surtout la liberté religieuse qui est un droit universel fondé sur la dignité même de la personne humaine. Selon ce principe, on ne pourrait, par exemple, construire de mosquées en pays chrétien sans clause de réciprocité en faveur de la construction d’églises en pays musulman (cf. CHANTRAINE G., sj, Le Synode de 1987: expérience et bilan, in Communio, XIII, 4, juillet-août 1988, p. 126 ; DANNEELS G. cardinal, Synode 1987, vocation et mission des laïcs, Conférence enregistrée, Sénevé-Centre Multimedia, Namur, 1987 ; Commission pontificale « Iustitia et Pax », L’Église face au racisme, Cité du Vatican, 1988, n° 29 ; Déclaration finale du Synode des évêques d’Europe, in OR 24-12-1991, pp. 5-9 n° 9).
2. LE 23. En 2004, les Turcs et les marocains de Belgique connaissaient un chômage 5 fois plus élevé que les autochtones. A qualification égale, ils ont plus de mal à trouver un emploi. (Cf. La libre Belgique, 8 décembre 2004).
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