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ii. Une ère nouvelle ?

La question est de savoir si la nouveauté chrétienne a changé, en tout ou en partie, peu ou prou, la perception et l’estimation du travail et du travailleur.

La plupart des auteurs estiment que l’irruption du message chrétien dans les cultures traditionnelles va opérer une révolution ou, du moins, un changement sensible dans les mentalités. C’est l’avis de P. Jaccard qui parle d’une « nouvelle orientation ». Ce n’est pas tout à fait l’avis de J. Leclercq qui n’hésite pas à écrire que « le christianisme n’a pas changé grand-chose à l’estime du travail »[1]. Même s’il ajoute qu’ »il a, par l’Église, doté le monde du grand bienfait d’une autorité spirituelle chargée de rappeler les règles de la vie morale et d’envisager toutes questions sous l’angle moral » et que cette Église « a constamment réagi contre l’exagération des divisions en classes sociales et le mépris des classes inférieures », il semble, par l’illustration qu’il donne, qu’il faut attendre Léon XIII pour trouver de telles prises de position.

M.-D. Chenu précise, rappelons-nous, qu’il n’y pas de philosophie du travail et plus exactement de morale du travail avant ce souverain pontife et qu’il faut attendre le milieu du XXe siècle pour que s’élabore une théologie du travail qui s’appuie sur saint Thomas.

Comment expliquer cette carence, comment expliquer que rien n’ait vraiment changé, au moins, « quant à l’estime du travail » ?

Deux forces qui se conjuguent bien vont freiner, sur les plans social, économique et politique, la puissance transformatrice que le message chrétien contenait et l’empêcher de donner sa pleine mesure : la tripartition fonctionnelle et la persistance d’un certain platonisme.


1. Leçons de droit naturel, IV Les droits et devoirs individuels, IIe partie Travail, propriété, Wesmael-Charlier, 1946, p. 61.

⁢a. Les méfaits de la tripartition fonctionnelle et du platonisme

Alors que les Évangiles nous montrent clairement que Jésus bouscule les hiérarchies que les hommes ont établies et qu’il déroute ceux qui lui demandent d’en créer de nouvelles⁠[1], la société occidentale chrétienne sera influencée par une conception hiérarchique qu’on a appelée « tripartition fonctionnelle », conception typiquement indo-européenne⁠[2] inspirée par le systèmes hindou des castes⁠[3] et transmise par la Grèce à certains penseurs chrétiens.⁠[4]

La vision tripartite de la société va se mêler, à partir du IXe siècle à la vision bipartite qui accorde l’autorité au pouvoir spirituel (pape et évêques) et la puissance au pouvoir temporel (empereur, rois, comtes).

Le roi Alfred le Grand d’Angleterre (849-899) considère qu’il y a trois sortes d’hommes : les gebedmen (hommes pour la prière), les fyrdmen (hommes pour la guerre) et les weorcmen (hommes pour le travail).

A la même époque, en France, à l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre⁠[5], des théoriciens vont justifier ce type de classification où les diverses fonctions vont devenir des états hiérarchisés. Dans ce travail de conceptualisation, Haymon, maître dans les années 840/845-860, s’appuie sur les œuvres d’Isidore de Séville (vers 560-636)⁠[6]. Heiric (ou Heric), son successeur (né en 841) distingue, d’une part, les moines et les clercs et, d’autre part, les laïcs qui, eux, se répartissent en deux ordres : belligerantes et agricolantes : « Les uns combattant, les autres travaillant la terre, vous êtes un ordre, vous que Dieu a élus pour que, étant plus libres, vous vous occupiez des fonctions de son service. » Heiric a été marqué, lui, par la pensée de Jean Scot Erigène (entre 800 et 870)⁠[7] ; son néoplatonisme est nourri aussi par Maxime le Confesseur (580-662)⁠[8] et surtout par le Pseudo-Denys⁠[9] qui exerça une influence considérable sur les théologiens du moyen-âge⁠[10] et jusqu’au XVIIe siècle.⁠[11]

La notion dionysienne de hiérarchie « s’inscrit à la fois dans la tradition des cosmologies antiques et dans celle du système politique de Platon, l’idée de base étant que chaque intelligence, incarnée ou non, doit se tenir à sa place hiérarchique et accomplir les fonctions de son rang. De l’homme à Dieu, la hiérarchie est constituée de triades ascendendantes.[12] (…) Chaque rang reçoit la divinisation du rang supérieur et la transmet au rang inférieur, les deux hiérarchies (céleste et ecclésiastique) reliant l’un à l’autre les deux mondes des intelligences pures et des intelligences incarnées. Pour le Pseudo-Denys, la divinisation s’exerce à la manière de l’illumination solaire, qui atteint de proche en proche les objets les plus éloignés, mais en perdant de sa lumière à mesure qu’elle s’écarte de sa source ».⁠[13]

Pour le Pseudo-Denys, « la hiérarchie (…) est un ordre sacré, une science, une activité s’assimilant, autant que possible, à la déiformité, et, selon les illuminations dont Dieu lui a fait don, s’élevant à la mesure de ses forces vers l’imitation de Dieu, - et si la Beauté qui convient à Dieu, étant simple, bonne, principe de toute initiation, est entièrement pure de toute dissemblance, Elle fait participer chacun, selon sa valeur, à la lumière qui est en Elle et Elle le parfait dans une très divine initiation en façonnant harmonieusement les initiés à l’immuable ressemblance de sa propre forme ».

Le traducteur note très justement que « l’équivoque de la « hiérarchie » telle qu’elle est ici entendue est que cette « valeur » est à la fois une réalité « naturelle » (…) et cependant un mérite qui s’acquiert par un effort de « tension vers le haut ». Elle est en outre un don généreux, mais qui ne se transmet que « par degrés ».⁠[14]

Un siècle plus tard, l’évêque Adalbéron de Laon (950/957-1031) va jouer un rôle politique important. Son oncle, Adalbéron archevêque de Reims, avait favorisé l’élection d’Hugues Capet au détriment de l’héritier légitime Charles de Lorraine. Celui-ci fut livré par traîtrise à H. Capet par Adalbéron de Laon⁠[15] qui , par la suite, s’opposa souvent au nouveau roi et à son fils Robert le Pieux (987-1031) auquel il adressa son œuvre la plus célèbre : Poème au roi Robert où il expose la théorie de la tripartition : «  La société des fidèles ne forme qu’un corps ; mais l’État en comprend trois. Car l’autre loi, la loi humaine, distingue deux classes : nobles et serfs, en effet, ne sont pas régis par le même statut. Deux personnages occupent le premier rang : l’un est le roi, l’autre est l’empereur ; c’est leur gouvernement que nous voyons assurer la solidité de l’État. Il y en a d’autres dont la condition est telle que nulle puissance ne les contraint, pourvu qu’ils s’abstiennent des crimes réprimés par la justice royale. Ceux-ci sont les guerriers, protecteurs des églises ; ils sont les défenseurs du peuple, des grands comme des petits, de tous enfin, et assurent du même coup leur propre sécurité. L’autre classe est celle des serfs : cette malheureuse engeance ne possède rien qu’au prix de sa peine. Qui pourrait, l’abaque[16] en main, faire le compte des soins qui absorbent les serfs, de leurs longues marches, de leurs durs travaux ? Argent, vêtement, nourriture, les serfs fournissent tout à tout le monde ; pas un homme libre ne pourrait subsister sans les serfs. Y a-t-il un travail à accomplir ? Veut-on se mettre en frais ? Nous voyons rois et prélats se faire les serfs de leurs serfs ; le maître est nourri par le serf, lui qui prétend le nourrir. Et le serf ne voit point la fin de ses larmes et de ses soupirs.

La maison de Dieu, que l’on croit une, est donc divisée en trois : les uns prient, les autres combattent, les autres enfin travaillent. Ces trois parties qui coexistent ne souffrent pas d’être disjointes ; les services rendus par l’une sont la condition des œuvres des deux autres ; chacune à son tour se charge de soulager l’ensemble. Ainsi, cet assemblage triple n’en est pas moins un ; et c’est ainsi que la loi a pu triompher, et le monde jouir de la paix. Mais aujourd’hui les lois tombent en ruines, et déjà toute paix a fui ; les mœurs des hommes s’altèrent, la structure de l’État s’altère. Roi, tu ne tiens à bon droit la balance de la justice, tu ne gouvernes le monde que si tu contiens avec les rênes des lois ceux qui glissent sur la pente du crime. »[17]

L’auteur dénonce la place qu’occupent les moines dans la société. Il accuse nommément Odilon de Cluny d’usurper des tâches qui ne sont pas siennes : les moines prennent la place des évêques, usurpent la justice et se mêlent de combattre. Les vrais « priants » (oratores) sont les évêques.

Quelles que soient la formule retenue et sa justification, le fait est que, jusqu’à la fin de l’ancien Régime, on retrouvera cette tripartition de la société en classes hiérarchisées : le clergé, la noblesse et les roturiers (tiers état).

Dans cette optique, les roturiers seront souvent méprisés. Ce n’est pas neuf, certes, comme nous l’avons vu précédemment. Les intellectuels ayant souvent regardé le travail des mains avec un certain dédain. Mais maintenant s’ajoute une justification « spirituelle », le « soleil » ne brillant que faiblement pour ceux qui sont tout au bas de l’échelle. Leur « illumination » dépendant d’ailleurs de ceux qui sont au-dessus d’eux…​

Si aujourd’hui encore « paysan ! » est une insulte, il en était déjà de même en ces temps lointains pour le serf. Ainsi, dans La Chanson de Roland, quand le héros s’emporte contre Ganelon le traître, il lui lance : «  »Ahi culvert, malvais hom de put aire ! »[18] Beaucoup de traducteurs ont compris « Ah ! poltron, mauvais homme de sale race ».⁠[19] Mais le commentateur anglais F. Whitehead⁠[20], moins soucieux peut-être des convenances, traduit culvert par serf et ignoble wretch (ignoble gredin) et put par stinking ( puant) (de put aire : of vile birth, de vile naissance par opposition à bon aire, de naissance noble).

Quand l’auteur d’Aucassin et Nicolette[21] met en scène un paysan, il le décrit en termes peu flatteurs visiblement exagérés : « Il était grand et extraordinairement laid et hideux ; il avait une grande tête poilue, plus noire que nielle[22], et avait plus d’une pleine paume entre les deux yeux et de grandes joues et un énorme nez plat et de grandes et larges narines et de grosses lèvres plus rouges qu’une grillade et de grandes dents jaunes et laides. Il était chaussé de jambières et de souliers de cuir de bœuf, noués par des cordes en écorce de tilleul jusqu’au-dessus du genou et était enveloppé d’un large manteau réversible, et il était appuyé sur un grand bâton noueux. »[23]

On a fait remarquer⁠[24] que cette description est conventionnelle et qu’elle se retrouve parfois mot pour mot dans d’autres œuvres ce qui révèle un état d’esprit répandu parmi les lettrés.


1. Pensons à la naissance de Jésus et à sa vie cachée, à la prédication de Jean le Baptiste et au baptême de Jésus (Jn 1, 26 ; Lc 3, 16 et 21 ; Mc 1, 7 et 9 ; Mt 3, 11 et 14-15), à Jésus mangeant avec les pécheurs et les publicains ( Lc 5, 30 ; Mc 2, 16 ; Mt 9, 11), Jésus qui recrute des gens simples, prêche les béatitudes, donne les enfants comme modèles à ceux qui veulent être grands (Lc 9, 46-48 ; Mc 9, 33-37 ; Mt 18, 1-4 ; Lc 18, 16 ; Mc 10, 14 ; Mt 19, 14), ne craint pas de prendre à partie scribes, Pharisiens et docteurs de la Loi (Lc 11, 37-52 ; Mt 23, 25-36), demande de choisir la dernière place (Lc 14, 7-11), promet le calice à ceux qui rêvent d’une place d’honneur (Mc 10, 35-41 ; Mt 20, 20-24), s’identifie aux plus pauvres (Mt 25, 31-46) et se fait serviteur (Lc 22, 24-30 ; Mc 10, 42-45 ; Mt 20, 25-28 ; Jn 13, 1-20).
2. On peut consulter à ce sujet l’œuvre de Georges Dumézil (1898-1986) et notamment : L’idéologie tripartite des Indo-européens, Latomus, 1958.
3. En Inde, écrit J. Heers, « l’appartenance à un métier définit souvent la place de l’homme dans la société ». Se crée ainsi une hiérarchie : « A certains s’attache une lourde réprobation ; ainsi pour les tanneurs, corroyeurs, cordonniers qui travaillent les peaux de bêtes mortes. A l’opposé, orfèvres, potiers, surtout maçons et charpentiers appartiennent à des professions réputées nobles. La corporation, en Inde, n’est pas seulement u groupe professionnel mais bien le cadre rigide où s’inscrit toute la vie sociale, religieuse et affective. » (Le travail au Moyen Age, PUF, Que sais-je ?, 1968, pp. 107-108)
4. Cf. CAROZZI Cl. in Patrimoine littéraire européen, 4b, Le Moyen Age de l’Oural à l’Atlantique, Anthologie sous la direction de J.-Cl. Polet, De Boeck Université, 1993, p. 91.
5. Cf. www.auxerre.culture.gouv.fr
6. Dans le deuxième livre du De ecclesiasticis officiis décrit les diverses catégories de clercs et de fidèles ; dans le De ordine creaturarum le propos s’élargit à toutes les créatures.
7. Jean Scot Erigène appelé à la cour de Charles le Chauve y trouva les ouvrages du Pseudo-Denys qui avaient été offerts à Pépin le Bref par des ambassadeurs byzantins en 757. En 827 un second exemplaire fut envoyé par l’empereur d’Orient à Louis le Débonnaire. Une traduction latine fut réalisée mais elle était fautive. C’est alors que Jean Scot qui, lui, connaissait bien le grec les traduisit et s’en inspira.
8. Pour Maxime, il y a trois classes de fidèles, les servi (commençants guidés par la crainte), les mercenarii (progressants attirés par les récompenses) et les filii (les parfaits animés de la seule piété filiale). Cette gradation spirituelle a été traduite en termes de gradation sociale. Maxime le Confesseur a été un grand lecteur de Platon et du Pseudo-Denys.
9. Une œuvre de la fin du Ve siècle, semble-t-il, présentée sous le nom d’emprunt de Denys l’Aréopagyte, celui que Paul convertit. L’auteur reprend du néo-platonisme ce qu’il estime compatible avec la foi.
10. Cf. Vacant : « Le moyen âge fait de l’œuvre du Pseudo-Denys une des bases de sa théologie scolastique et mystique ; les théologiens d’alors élèvent le pseudo-Denys au-dessus de tous les saints Pères et ne reconnaissent au-dessus de lui que les écrivains canonique ». Les œuvres qui ont le plus retenu l’attention sont la Hiérarchie céleste et la Hiérarchie ecclésiastique (celle-ci étant modelée sur celle-là).
11. « Du IXe au XVIIe siècle, une quinzaine de traductions latines se succèdent, depuis celles d’Hilduin et de Jean Scot Erigène (entre 860 et 862), jusqu’à celles de Robert Grosseteste (entre 1239 et 1243), d’Ambroise Traversari (entre 1431 et 1437) et de Marsile Ficin (entre 1490 et 1492). Jean Scot, Albert le Grand et Thomas d’Aquin rédigent des commentaires aux Areopagitica ; il n’est pas jusqu’à Bossuet qui n’admire son style ». (COULIE B., in Patrimoine littéraire européen, 1 Traditions juive et chrétienne, Anthologie sous la direction de J.-Cl. Polet, De Boeck, 1992, p. 395).
12. « La hiérarchie ecclésiastique compte la triade des initiés qui comporte les ordres purifiés, le peuple saint et les moines ; puis la triade initiatrice, avec les ministres, les prêtres et les évêques ; la hiérarchie céleste comprend, dans l’ordre ascendant, les troisième (anges, archanges et principautés), deuxième (puissances, vertus et dominations) et première (trônes, chérubins et séraphins) triades.
   Seule la première triade de la hiérarchie céleste communique directement avec Dieu. » (COULIE B. in op. cit., p. 394).
13. COULIE B., in op. cit., p. 394.
14. M. de Gandillac, in DENYS l’Aréopagite, La Hiérarchie céleste, Cerf, 1970, p. 87.
15. Guibert de Nogent (1055-1125), dans son autobiographie De vita sua sive Monodiarum libri tres, écrit : « Au moment de parler maintenant, comme nous nous y sommes engagé, des gens de Laon, ou plus exactement de représenter leurs tragédies, il convient en premier lieu de dire que l’origine de tout le mal résida (c’est là notre avis) dans la dépravation de leurs évêques. Origine très lointaine à vrai dire, mais nous estimons que, pour la lier à notre récit, il nous faut parler d’Ascelin, également nommé Adalbéron. Ce prélat originaire de lorraine selon nos recherches, possédait de grands biens et était riche en terres ; tout cela, il l’employa à faire d’immenses donations au siège qu’il gouvernait. Son église fut en effet dotée par lui de riches ornements, il améliora grandement les conditions de vie des clercs et de l’évêque, mais il souilla cette abondance de bienfaits par une extraordinaire iniquité. qu’y a-t-il de plus scélérat, de plus ignominieux pour sa mémoire que d’avoir trahi son seigneur le roi, un enfant innocent auquel il avait juré fidélité, et d’avoir détourné vers une autre famille le cours de la descendance de Charlemagne ? Et ce crime il le perpétra à l’instar de Judas, au jour même de la Cène du Seigneur. » (En réalité, dans la nuit du dimanche des Rameaux au lundi saint 991) (in Autobiographie traduite par E.-R. Labande, Les classiques de l’histoire de France au Moyen-Age/Les belles lettres, 1981).
16. Ici : machine à calculer antique.
17. Poème au roi Robert, v. 275-305, in Patrimoine littéraire européen, 4b, Le Moyen Age de l’Oural à l’Atlantique, Anthologie sous la direction de J.-Cl. Polet, De Boeck Université, 1993, pp. 97-98.
18. LX, v. 763.
19. Cf. PAUPHILET A., in Poètes et romanciers du moyen-âge, La Pléiade, 1952, p. 40.
20. La Chanson de Roland, Basil Blackwell, Oxford, 1957.
21. Chantefable du XIIIe siècle, traduction par Gustave Cohen, Librairie ancienne Honoré Champion, 1954, p. 46.
22. En orfèvrerie, incrustation d’un émail noir sur un fond blanc.
23. Notons toutefois que cet être apparemment effrayant manifeste, dans l’épisode où il intervient, une belle grandeur d’âme.
24. Op. cit., p. 130.